Dix secondes
Des
paysages,
Des
éclats de lumière.
Du bleu ciel,
Des nuits
étoilées,
De l'air
Images
fanées,
Sens qui
me rappellent
En échos
effrénés
Ce que tu
étais belle.
Des couleurs immobiles,
Figées
dans le temps
Une
mémoire fatiguée de tous ces sentiments
Qui tournent et qui tournent
Sans
jamais se lasser
J'ai dix secondes pour oublier
Oublier qui tu es,
ce que tu faisais là
Oublier que je t'aime,
toi qui étais ma joie
Pour continuer à vivre
Dix secondes
pour ne pas avoir à me souvenir.
Pour ne pas regretter.
Pour continuer à vivre.
Et t'oublier.
J'ai besoin de t'oublier.
Laisse-moi t'oublier.
Nous étions
allongés.
La
chaleur de ton corps...
Serrée près, contre moi.
Et moi,
l'homme,
le plus
fort,
Me
sentant rassuré
De te sentir si près de moi.
J'ai dix secondes
pour oublier
Tes yeux qui brillaient à chaque sourire
Ta mine légère lorsque tu
étais triste
Et puis toutes ces petites choses que tu faisais
Et qui me
faisaient rire, tes habitudes bizarres
J'ai dix
secondes car je ne veux pas me rappeler
Ne pas
avoir à regretter
J'ai dix
secondes pour t'oublier
Pour
t'effacer de ma mémoire.
Pour
oublier, pour oublier...
Laisse-moi t'oublier...
(Vadim Schneider; été 2OO3. in
Le Petit Cahier Rouge) |